Des radars automatiques efficaces
Les Echos du jour ont traité, sous l'angle budgétaire, de l'efficacité limitée des radars automatiques installés entre les platanes qui jouxtent nos routes. Le graphique, ici reproduit (copyright Les Echos, j'espère que le groupe Pearson ne m'en tiendra pas rigueur), montre ainsi que seul un "flash" sur deux donne lieu à envoi d'un procès-verbal à l'automobiliste fautif. Aussi, pour cause de vandalisme, de mauvaise qualité de la photo ou de présence de plaques étrangères illisibles, les retours financiers offerts par ces radars sont-ils encore limités.
Néanmoins, si l'on devait changer le critère à l'aune duquel on apprécie l'efficacité des radars automatiques, on pourrait aisément, comme je l'ai fait en titre, affirmé que ces nouveaux moyens de contrôle routier sont pleinement efficaces. En effet, de 2002 à 2005, le nombre annuel de personnes victimes d'un accident mortel sur les routes françaises est passé de plus de 8000 à moins de 5000. Certes, les radars automatiques ne sont pas à eux seuls à l'origine de cette baisse; ils participent néanmoins fortement à une politique d'ensemble (campagnes de prévention, sanction sinon plus sévère du moins plus fréquente en cas de manquement aux règles, etc.)
Si on devait estimer qu'une seule vie a été épargnée grâce à ces radars, on pourrait alors dire sans hésitation qu'ils font oeuvre utile. Qui plus est, le solde financier lié aux radars automatiques reste très certainement positif dans la mesure où leur présence a sans doute contribué à réduire le nombre de personnes victimes d'accidents graves qui pèsent, par suite des séquelles et handicaps qui résultent des accidents, sur les comptes de la sécurité sociale, sur la santé économique des entreprises qui se retrouvent privées de certains de leurs salariés, sur la société dans son ensemble qui se retrouve privée de certaines de ses forces vives.
Sans tomber dans l'angélisme, je tenais à faire observer que l'efficacité est, comme souvent, une question toute relative... Un conseil (gratuit, personne ne le paierait de toute manière) au Gouvernement : recadrer le débat médiatique autour du nombre de vies épargnées afin de donner à voir une politique efficace.

Oui enfin je doute, hormis ceux installés sur le périph qui eux ont une certaine utilité, que les radars parisiens aient été installés pour "sauver des vies". Remplir les poches, même si les prévisions économiques n'ont pas été atteintes (on aura quand même tout vu), de l'Etat endetté a sûrement et certainement été le factuer déclencheur de certains de ces objets éblouissants.... Et je ne parle que des parisiens....
La peur du gendarme est bien plus efficace que ces radars fixes placés dans des endroits ou même un cycliste pourrait rouler sans risquer de terminer en chaise roulante, c'est pour dire.....
Rédigé par: abakosar | le 05 octobre 2006 à 13:37
La présence de radars automatiques ne contribue-t-elle pas à la peur du gendarme? Ce n'est pas tant l'emplacement, la contingence du radar qui importe mais bien l'affirmation claire et sans détour d'un principe de sanction automatique. Dès lors qu'ils permettent une intériorisation psychologique de la "peur du gendarme" ou, mieux encore, du "respect de l'espace commun et de la vie d'autrui", alors mon propos tient la route...
Rédigé par: Anthony Hamelle | le 14 octobre 2006 à 14:32
Je continue à penser que bien des radars en ville ne contribuent absolument pas à la sécurité mais sont simplement situés à des emplacement permettant à l'Etat de toucher un jackpot profitable en ces temps (pré-)électoraux.... Le principe de sanction automatique est un concept juridique fort dangereux et fort peu compatible avec notre système juridique basé sur l'interprétation des règles pour permettre une meilleure efficacité dans leur application
Pas du tout convaincu par leur efficacité en ville au vu de leur emplacement. Vous semblez aimer les citations: la politique des radars placés de manière "simpliste" à des endroits lucratifs se reflète dans la citation de sophocle dans philoctète: "plus faibles sont les risques, meilleure est l'entreprise".
a bon entendeur.....
Rédigé par: abakosar | le 16 octobre 2006 à 11:58
Une petite précision. Quand je parle de sanction automatique je fais allusion à l'application rapide de la sanction prévue par la loi (ou plutôt le pouvoir réglementaire en matière de contraventions) lorsque les faits constitutifs d'une infraction sont réunis. J'aurais sans doute dû parler de réalité de la sanction plutôt que d'automaticité. Cette réalité est en effet une des conditions sine qua non du respect des règles que nous nous sommes fixés, son absence ou, à tout le moins, sa virtualité enlevant une grande partie de son emprise à la norme.
Rédigé par: Anthony Hamelle | le 21 octobre 2006 à 14:17
Les radars comme cause de la baisse de la mortalité ? Je n'y crois pas.
Les radars ne flashent que les étrangers (qui ne craignent pas la sanction puisqu'il y a peu de chances que le PV arrive à destination, faute de réelle coopération sur ce point entre Etats) ou les distraits (puisque les radars sont annoncés).
De plus, si seul un PV sur deux arrive au fautif, l'effet sur l'impunité reste limité.
Donc, ce ne sont pas les radars eux-mêmes qui suffisent à réduire la vitesse et par là la mortalité.
Regardons plutôt du côté de la présence policière accrue, notamment sur autoroute. Manque d'ailleurs encore la constitution d'une réelle police de la route pour encore plus d'efficacité.
Et surtout, revenir sur le permis de conduire obtenu à vie. Les voitures ont leur contrôle technique, et pas les conducteurs ? Une remise à niveau périodique suffirait, sans parler de repasser un examen.
YR
Rédigé par: YR | le 07 novembre 2006 à 15:54
La sécurité routière est un sujet complexe et de longue haleine car la prise de conscience est délicate, c'est toujours à l'autre de faire un effort, comme pour l'alcoolisme, la corruption, la protection de l'environnement. Moi le premier, j'ai eu du mal à rouler TOUJOURS à 50 en ville, c'est vrai.
Quant à l'aspect économique, il m'a toujours sidéré. Les recettes sont une goutte d'eau qui n'est même pas mesurable. Et faut-il rappeler que personne au Gouvernement ne touche de Stock-option en fonction des excédents budgétaires?
Rédigé par: Pierre | le 20 novembre 2006 à 14:19
La sécurité routière est un sujet complexe et de longue haleine car la prise de conscience est délicate, c'est toujours à l'autre de faire un effort, comme pour l'alcoolisme, la corruption, la protection de l'environnement. Moi le premier, j'ai eu du mal à rouler TOUJOURS à 50 en ville, c'est vrai.
Quant à l'aspect économique, il m'a toujours sidéré. Les recettes sont une goutte d'eau qui n'est même pas mesurable. Et faut-il rappeler que personne au Gouvernement ne touche de Stock-option en fonction des excédents budgétaires?
Rédigé par: Pierre | le 20 novembre 2006 à 14:19