12 juin 2008

Pop-corn et portable : suite et fin

L'auteur du hoax (merci a Anna pour son commentaire) a vendu la meche : il s'agit d'un fabricant d'ecouteurs bluetooth. Notez le subtil disclaimer juridique "CYA" (cover your ass) : si cette societe envisage d etablir des relations commerciales avec les fabricants, il ne serait pas etonnant qu'on leur demande de retirer ces videos ou d'ajouter ce disclaimer de maniere visible sur chacune d entre elle.

En attendant, il toujours possible de faire du popcorn virtuel avec votre telephone :

06 juin 2008

Attention : le buzz peut griller le cerveau

Trois fois déjà cette semaine que l'on me parle de cette vidéo (ces vidéos en réalité) qui tournent sur YouTube et Dailymotion.

La vidéo et ses dérivés donne à voir plusieurs téléphones portables disposés en croix ou en cercle autour de grains de maïs. Lorsque les téléphones sont activés (réception d'appel), les grains de maïs se transforment en pop-corn comme au four à micro-ondes. 

Buzz ou hoax ? Les deux  mon général : un hoax apparent qui suscite un buzz croissant.

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01 juin 2008

Twitter utile : épisode 2

Dans la veine du billet précédent, voici deux utilisations intéressantes de Twitter, en communication évènementielle, et en marketing relationnel :

  • La NASA a eu l'excellente idée de "twitter" l'expédition martienne de la sonde Phoenix. Outre les images de l'exploit, les geeks pur sucre (et ils sont nombreux sur Twitter) ont ainsi pu suivre les commentaires live de chaque étape de l'exploration...et à la première personne du singulier qui plus est  ! (exemple : "   My robotic arm camera got some great shots around my feet. Is that ice right there?").
    Derrière @MarsPhoenix se cache, non pas HAL, mais la responsable des relations presse de la NASA, visiblement aussi douée pour la communication que pour le ventriloquisme. Suivi par près de 13000 "followers", @MarsPhoenix a ainsi réalisé une superbe opération à peu de frais, tirant intelligemment parti d'un évènement exceptionnel et du fort penchant technophile des utilisateurs de Twitter. Seule déception : toujours aucune trace de martiens sur Twitter.
  • Toujours dans les airs, mais plus proche de nous, JetBlue, la compagnie aérienne bien connue des internautes pour ses infortunes, est présente sur Twitter. Elle n'est pas la première : SouthWest Airlines y est également présente, mais comme le fait remarquer Churbuck, il y a quelque chose d'un peu surprenant, pour ne pas dire angoissant, à être "suivi" par une entreprise commerciale. Rien de bien différent d'un travail de veille classique pourtant : JetBlue recherche les tweets et twitterers qui mentionnent sa marque et les "suit" ouvertement, en espérant qu'ils feront de même, pour recevoir les updates de la compagne aérienne.
    Partant de là, tout est possible : offres promotionnelles, bulletins météo et de trafic aérien, hotline... ou gestion de crise online, essentiel au vu du passif de l'entreprise.
    L'exercice est ardu et requiert un certain doigté : on connaît la bonne humeur des voyageurs, davantage prompts à twitter les avions en retards que ceux qui arrivent à l'heure. Pourquoi dès lors s'exposer en communication "many-to-many" plutôt qu'en one-on-one comme tout service client : difficile question, à laquelle JetBlue parvient à répondre en140 caractères  ou moins :

"Twitter matters because our customers matter. Brevity enforces honesty, and honesty breeds loyalty. The market IS a conversation "

      

17 mai 2008

itw

Logo_iphon150x180Après un dernier billet qui est, une fois n'est pas coutume, revenu sur la stratégie de marque d'Apple, nous vous proposons une illustration sur le même thème sous la forme d'une interview de l'animateur d'une des principales communautés francophones autour d'Apple. Laurent, du site iPhon.fr, nous explique la genèse du projet iPhon.fr, les codes de cette communauté, ses relations avec Apple et ses souhaits en la matière.

Comment vous est venue l'idée du site iPhon.fr ?

Passionné de mobilité, j'ai déjà 'commis' plusieurs sites sur des ordinateurs de poches (on disait PDA à l'époque : mon premier site date de 1999) dont netPPC qui est dédié aux machines sous Windows Mobile. Le buzz qui accompagnait l'arrivée imminente d'un téléphone mobile chez Apple m'a incité à suivre le keynote de l'an dernier, le 9 Janvier 2007 où Steve Jobs a présenté l'iPhone. J'ai à ce moment là aimé, non pas le téléphone mais l'ordinateur de poche qui se cachait derrière, dans l'ombre, qui présentait une interface révolutionnaire et un design qui pourrait en faire l'iPod des téléphones. Séduit par l'approche : vendre un téléphone / balladeur / navigateur Internet pour parler à tout le monde, lorsqu'en fait c'était bien plus que cela, je me suis dit qu'il y avait peut-être là une vraie révolution.

J'ai alors cherché un nom de domaine et lancé un blog qui relaterait l'aventure de ce produit. Pourquoi un blog ? Parce que la structure de blog autorise à la fois une liberté de ton et une proximité avec les lecteurs sans pour autant être restrictive techniquement (à quoi bon développer par moi-même, ce que je faisais il y a quelques années, pendant des jours, ce qui existe déjà désormais). Tout ça a fait qu'une heure ou deux après le keynote,le nom de domaine était choisi (court et facile à mémoriser était la première idée, d'ou la suppression d'une lettre sur le mot iPhone ) et le blog lancé le lendemain. Voici le premier billet qui relate ce que j'en disais à l'époque.

Quelle est la nature de votre relation personnelle avec la marque Apple ?

J'ai rêvé étant jeune devant la révolution du premier Mac, c'était incroyable comparé aux autres machines, mais hors de prix. J'avais eu la chance de tester rapidement le Newton mais je n'ai jamais eu de produit Apple jusqu'à l'iPhone. J'avais flashé sur l'iPod Nano en terme de design, mais je n'en avais pas vraiment l'utilité, donc je n'avais pas franchi le pas. Je n'étais donc pas un accroc de la marque prêt à se jeter sur la dernière nouveauté.

J'ai été séduit par le terminal, plus que par la marque. J'ai depuis progressé dans la connaissance du monde Mac, dont je connaissais de réputation la qualité de l'interface, et ceci a confirmé ce que j'en avais vu sur l'iPhone. Je sera donc plutôt de ceux pour qui l'iPhone serait le cheval de troie d'Apple, ceux qui vont découvrir l'ergonomie de la machine, la qualité de son interface et s'intéresser jusqu'à peut être au point de franchir le pas aux ordinateurs de la marque.

iPhon.fr, est-ce un succès à vos yeux ?

Est-ce un succès? Chacun ses critères ! Mais selon les miens, c'en est un. Je voulais lancer un site qui ait du traffic (c'est pour tous mes sites, mon principal moteur, une mesure de la 'réussite') mais aussi qu'il puisse fédèrer une communauté.

Pour le traffic : il y a en moyenne 50.000 visites / jour, plus de 4 millions de pages vues par mois. Et des pics à 80.000 visites lors des grands 'keynotes' de Steve Jobs.

Pour la communauté, l'idée était de fédérer des discussions avec un esprit ouvert, non sectaire, en essayant d'ouvrir le débat. Sur ce dernier critère, c'est avec les autres rédacteurs et modérateurs du forum (un grand merci à eux au passage ! ils sont l'âme du site) ce que l'on essaie de faire. Ce qui a très bien marché jusqu'à la sortie en France, qui perdure, même si parfois, avec la quantité vient aussi des perturbateurs (on dit (troll;-) ), des critiques peu constructives (du genre 'on prend bien souvent des vacances sur ce blog après ce récent pont de quelques jours ... Et oui, je fais ça en plus d'un travail prenant et d'une vie de famille... Ce n'est pas un métier... Les gens l'oublient souvent)

Mais à part des cas particuliers, je pense qu'un esprit de communauté est vraiment né. Je reçois très souvent des mails de remerciements, des infos, desencouragements, j'essaie d'y répondre mais j'ai plus de 50 mails / jours sur le site, donc je ne peux pas répondre à tout le monde, sinon, je ne blogue plus...

En tant qu'animateur du site iPhon.fr, quelles sont vos relations avec Apple ?

Ca tient en un mot : néant... Je me suis fait connaître par un mail auprès de leur service de communication peu avant le lancement presse, je ne crois pas avoir eu de réponse et je n'ai jamais reçu même de communiqué de presse, rien. Un des fidèles rédacteurs du blog a réussi à obtenir un produit en prêt, mais cela a été un chemin de croix.

Est-il souhaitable qu'Apple associe davantage ses clients à la vie de l'entreprise ? Que celle-ci soit plus à l'écoute de ses communautés ?

Je pense que cela ne peut qu'être positif d'écouter ses clients et un blog communautaire est un vrai nid de clients ;-)

Qu'auraient respectivement à gagner Apple et ses communautés de fans ou clients à une relation plus partenariale ?

La visibilité qu'a Apple, via ses sites existants, est déjà énorme, donc est-ce que Apple aurait plus de visibilité ? Difficile de le dire... Par contre, ils pourraient assurer une certaine 'fidélité' de leur interlocuteurs et ainsi passer leurs propres messages. Pour l'instant, tout va bien, les produits marchent, donc pas forcément un grand besoin de s'appuyer sur des communautés, de les nourrir, mais le jour ou cela ira moins bien, peut être qu'il serait bon d'avoir des contacts privilégiés.

D'autres le font, mon expérience dans la mobilité m'a amené à travailler avec Microsoft notamment. Le support aux webmasters y est organisé et très professionnel depuis de longues années.

Personnellement, qu'attendez-vous de la part d'Apple ?

Personnellement, pas grand chose. Je serais juste enthousiasmé de pouvoir dialoguer avec des personnes de chez Apple, de pouvoir proposer des interviews sur le site et plus généralement de recevoir une information régulière et d'avoir des facilité pour pouvoir tester des produits.

02 mai 2008

Le succès de la verticalité par Apple

Bz_apple_f C'est l'un des quelques fils rouges de ce blog. Humble fil qui vient compléter une masse impressionnante de commentaires, d'analyses, de critiques ou encore de déclarations d'amour à l'égard de cette marque phare de l'informatique. L'édition d'avril du magazine Wired mêle sa voix, et son autorité, au flot de conversations. L'article, écrit par Leander Kahney, auteur de plusieurs ouvrages sur la marque et son charismatique patron, dresse le portrait d'une entreprise qui réussit à être prospère tout en malmenant la plupart des tendances actuelles autour de l'entreprise 2.0

Du management à la communication en passant par le processus d'innovation et aux partenariats, tout serait chez Apple réalisé selon une matrice restée bloquée à la fin du XXe siècle. Qu'on en juge ainsi à travers la contrariété des codes de conduite d'Apple à ceux de la Silicon Valley (traduction sous forme de résumé).

Coopérer
Valley : vive l'interoperabilité et l'ouverture. Laisser les consommateurs mélanger et choisir.
Apple : lier la machine aux logiciels. Imposer une expérience utilisateur prédéfinie aux consommateurs.

Rester bon joueur
Valley : ne pas abuser de sa position dominante. Gagner grâce à ses produits, pas ses gros bras.
Apple : jouer des épaules. Pré-installer iTunes sur tous les Macintosh et en faire le logiciel par défaut pour l'écoute de musique. Imposer la lecture des morceaux achetés sur iPod.

Aimer ses clients
Valley : que chacun puisse critiquer ouvertement et librement. Que ces critiques permettent une amélioration des produits et services.
Apple : se faire plaisir avant de faire plaisir aux clients. Que les critiques soient éventuellement entendues.

Prendre soin de ses employés
Valley : encourager les initiatives individuelles et l'autonomie. Offrir un cadre de travai détendu et confortable.
Apple : susciter la crainte et le respect. Faire pleurer si besoin est. Inspirer.

L'élément qui m'intéresse le plus est bien évidemment l'opposition entre la politique de communication d'Apple et les tendances à l'oeuvre dans la Silicon Valley (traduction complète)

Communication
Valley : dire à vos fans ceux que vous préparer pour établir une connection. Des problèmes de recrutement ? De nouvelles stratégies ? Des troubles digestifs ? Bloguer ! Vos clients s'en sentiront plus investis et plus loyaux. En outre, leurs commentaires vous donneront peut-être de bonnes idées.
Apple : ne jamais parler à la presse. Faire taire les blogs de rumeurs. Menacer de poursuites judiciaires les enfants qui vous envoient des idées. Ne jamais faire des fuites d'information avant l'annonce officielle. Utiliser enfin cette rigueur pour créer du buzz et obtenir une couverture à nulle autre pareil pour toutes vos annonces.

Sans détours, l'auteur nous apprend que Steve Jobs joue un rôle non négligeable dans le choix de ces politiques d'entreprise. Son style de management et de direction est très vertical, dirigiste voire autoritaire. On voit donc combien le passage à une culture d'entreprise qu'on pourrait qualifier de participative dépend de la volonté de ses principaux dirigeants.

Tout ceci réussit pour le moment à Apple. Il est certain que ce modèle ne permettrait qu'à peu d'autres entreprises de prospérer de la sorte. L'autoritarisme d'Apple est compensé par la capacité de ses marques (Apple, iMac, iPod, iPhone, etc.) et produits à créer des communautés.

Si l'entreprise (et sa communication descendante) tient pour le moins ses parties prenantes à distance, les marques les fédèrent en dehors, et indépendamment, de l'entreprise. Cette dichotomie est pour le moins surprenante. On imagine sans mal que ces communautés seraient encore plus fidèles et prescriptrices si l'entreprise Apple les animait au lieu des les repousser. On peut se poser une question pour conclure ce billet (et non ce fil rouge). Les marques distantes ont-elles encore un bel et long avenir devant elles ? Apple serait-elle un dinosaure de la communication de marque en voie de disparition ? Rien n'est moins sur, tant les fans d'Apple ont appris à vivre avec ce génie fou. Rien n'est moins unique en même temps, tant le charisme d'un homme et sa vision nourrissent cette réussite.

22 avril 2008

Inspiration = Mobilisation

Usandusban

Cross-Posting avec US & us

En 2008 aux Etats-Unis, comme en 2007 en France, il est intéressant de noter que c'est la politique qui donne le la en matière de stratégies de relation avec ses parties prenantes. Cela tient sans doute à l'étendue des enjeux concernés. On ne s'adresse pas seulement à la ménagère de moins de 50 ans, aux couples sans enfants, aux early adopters et à d'autres encore. En politique, on s'adresse à tous et à chacun, on se hausse au niveau de l'intérêt général, ce qui impose aux candidats et formations une ambition que peu d'entreprises sont tenues d'avoir.

Au gré des primaires qui passent, alors que John McCain est devenu le candidat putatif du parti Républicain, alors que Barack Obama et Hillary Clinton vont se déchirer quelques semaines encore avant que l'un d'entre eux ne détourne son ire, ou à tout le moins son opposition, à l'encontre du héros de guerre décoré, il est un sujet qui met la plupart des observateurs d'accord : les campagnes électorales à la mode du siècle dernier ont vécu !

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21 avril 2008

4x4=2.0

Sentier Voici un site comme on aimerait en voir plus souvent : avec "The Jeep Community Experience", le constructeur américain innove et préfigure sans doute une nouvelle génération de sites communautaires.

Jeep Experience se définit comme un réseau social de marque ("brand social network"), mais sans doute vaudrait-il mieux parler d'un "hub" de marque.

Tandis que beaucoup de marques hésitent encore entre le fait de créer son propre réseau communautaire (avec des solutions de réseau propriétaire portable comme Ning.com) ou de créer en parallèle de son site de marque des groupes affinitaires sur Facebook ou MySpace, Jeep.com a opté pour une voie aussi simple que pertinente. Plutôt que de réinventer la roue, le constructeur automobile a choisi de mettre en valeur les contenus déjà générés par ses utilisateurs aux quatre coins du web.

La marque du véhicule tout terrain a ainsi créé un site qui tient à la fois de l'aggrégateur social et de la passerelle communautaire.

Jeep_3

- Aggrégateur, dans la mesure où il fait converger vers un même espace l'ensemble des flux de discussions traitant de son produit.

  • Sous l'onglet News, on retrouvera ainsi un environnement à la Netvibes, regroupant de nombreux fils rss  tirés aussi bien des sites officiels de Chrysler que de blogs et de médias automobiles indépendants.
    Sous l'onglet Events, les clients amateurs de tout terrain et d'aventure retrouveront un calendrier des évènements et challenges sportifs organisés par la marque pour ses fans pour les semaines à venir.
  • Mais ce qui frappe surtout, c'est l'intégration sur la plupart des pages de vidéos et de photos abondés par les membres de la communauté, partagés via Flickr et YouTube. Jeep incite ainsi ses utilisteurs à mettre en ligne des contenus sur les réseaux photos et vidéos, et à les taguer "jeepexperience" pour les partager également sur le site communautaire de la marque.

- Passerelle, en proposant des accès directs vers les (nombreux) groupes de discussions existants sur Yahoo, Google, Facebook ou MySpace. 

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19 avril 2008

Perles 2.0 : un top 10

Wayne Quelques perles lues, vues ou entendues, collectées au fil du temps à propos du web 2.0.




  1.  "Je communique déjà sur internet, j’ai un site web"
  2.  "Sur wikipedia n’importe qui peut écrire n’importe quoi"
  3. "second life, c’est génial, je peux y exposer mes derniers modèles"
  4. "je fais du web 2.0 : j’ai mis ma pub sur youtube"
  5. "la blogosphère, je connais par cœur, d’ailleurs je connais bien Loïc Le Meur"
  6. "Je fais une soirée de lancement, faut inviter tous les blogueurs influents"
  7. "Peu importe que ce soit sur lefigaro.fr tant que ça ne paraît pas dans le vrai figaro"
  8. "Facebook, c’est le nouveau système de publicité comportementale de MySpace c’est bien çà ?"
  9. "Pourriez-vous me donner une liste de blogueurs à ajouter à mon fichier d’envoi de communiqués de presse ?"
  10. "De toute façon, pour apparaître en tête des résultats sur Google, suffit de payer"

La communication à l'heure du web 2.0, c'est aussi ça parfois :-)

L'étincelle qui allume le feu des commentaires

Au-delà de notre travail d'entretien de ce modeste chapiteau commun qui accueille avec une bienveillance toujours renouvelée quelques visiteurs et de plus rares commentateurs pour discuter et débattre communication, marketing et web social, Stanislas et moi poussons bien évidemment cette logique d'échange à une échelle plus restreinte encore - pas sur Twitter, puisque comme lui j'utilise davantage Pownce.

Pour faire vivre ce site au sein de la longue traîne, et plus particulièrement au sein de la communauté du marketing et de la communication, nous confrontons souvent nos points de vue et réflexions en coulisses. Permettez-moi de partager un instant avec vous la teneur d'un de ces derniers échanges tenu dans les colonnes ouatées de nos boîtes de réception...

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15 avril 2008

Et si Twitter était utile ?

Quel est le point commun entre Versac et Michael Arrington de Techcrunch ? Les deux ont vu leur problème de FAI réglé en moins de 24h suite à un billet, voire un simple tweet dans le cas d'Arrington. Bref, s'il y a bien un domaine où l'influence des blogueurs a cours, c'est en matière de service-client. En l'espèce, c'est évidemment le cas Dell qui fait jurisprudence : un "humble" blogueur pousse un coup de gueule, rallie à son panache blanc la multitude des sans-voix et pousse le goliath capitaliste à mettre genou à terre.

Le cas ComCast est une nouvelle variante sur ce même thème, puisqu'avant même de déchaîner une tempête sur les blogs, il n'avait généré qu'un murmure sur Twitter : un simple échange entre Michael Arrigton (un demi-dieu dans la Silicon Valley) et Jeff Jarvis, auréolé de son combat mené contre Dell sur son blog Buzzmachine, a donc suffit à déclencher le plan horsec au niveau du service client de Comcast (les adhérents de Noos peuvent toujours rêver de ce genre de réactivité).  Comcast ne s'est d'ailleurs pas caché d'assurer une veille sur les blogs et Twitter dans le cadre de sa politique d'écoute client.

Laissons de côté la discussion sur le traitement de faveur accordé aux clients capables d'afficher un pagerank de 5 ou plus, pour s'intéresser à trois propriétés intéressantes de Twitter : à croire que Twitter n'est pas aussi inutile qu'il en a (fortement) l'air.

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13 avril 2008

L'Express et les blogs : cible ou crible ?

François avait vu juste sur cette initiative de l'Express et de l'Expansion visant à proposer aux blogueurs de recevoir des "scoops" en avant-première :

Le fait de “lâcher” des infos dans la blogosphère témoigne pour le groupe Roularta d’une acceptation de perte de maîtrise, ce qui est généralement le “saut” culturel le plus difficile à franchir.

Pour un peu, on aurait oublié que les blogueurs n'étaient pas que des "buzzeurs", passeurs de plats et de scoops : Autheuil, qui visiblement n'en attendait pas moins, profite ainsi de la première fournée pour jouer aux fléchettes :

Ils voulaient du buzz, ils vont en avoir, mais pas forcement celui qu'ils attendaient (...). Recensons les perles...

Et oui, le problème avec les blogueurs influents (surtout ceux là), c'est qu'ils sont généralement experts de leur sujet. 

Envoyer les infos en avance c'est bien, mais va aussi falloir se lever tôt pour passer le filtre de cette rédaction là ;-)

11 avril 2008

Un lapsus est vite arrivé... dommage quand ça arrive à l'AFP

Afplagarde Oh, si peu de chose : la dépêche y cite le Ministre des Finances français, Christine Lagarde, rebaptisée dans le paragraphe suivant "Lagardere".

Calling the weekend meetings with the IMF "an important crossroads for the global economy," Lagardere said it was the responsibility of the finance ministers "to cooperate to restore confidence and enhance the resilience of the financial system."

Et dire qu'on ne peut même pas mettre ça sur le compte du correcteur orthographique ;-)

09 avril 2008

Coté à l'Argus

Les services de pige presse avaient déjà les blogueurs à l'oeil, dans le cadre de leurs prestations de veille, ils les auront également dans leurs fichiers, pour leurs clients RP.

L'Argus de la Presse, l'un des prestataires de référence des agences de communication a adressé un mail à plusieurs sites et blogs pour les inviter à remplir, s'ils le souhaitent, un questionnaire d'inscription et de qualification pour apparaître dans la base de fichiers presse fournie par l'Argus aux agences de communication.

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07 avril 2008

"Si l'information est importante, elle saura me trouver"

Infromation "Si l'information est importante, elle saura me trouver" aurait déclaré ce jeune étudiant, au cours d'une étude américaine sur la consommation des médias, citée dans cet article du New York Times.

Cette phrase mieux, qu'un long discours, résume bien la dynamique de l'information telle que la vive tous les internautes qui ne conçoivent plus de se tenir informés autrement que via leurs flux RSS, Twitter ou Facebook.

Ce faisant, comme le fait remarquer l'auteur de l'article, les jeunes générations remplaceraient progressivement le filtre professionnel de l'information par un filtre social.

According to interviews and recent surveys, younger voters tend to be not just consumers of news and current events but conduits as well — sending out e-mailed links and videos to friends and their social networks. And in turn, they rely on friends and online connections for news to come to them. In essence, they are replacing the professional filter — reading The Washington Post, clicking on CNN.com — with a social one.

Face à la surinformation permanente, ce processus de distillation de l'actualité via sa communauté semble un mécanisme de sélection pertinent : ce qui intéresse untel dans mon réseau affinitaire est susceptible de m'intéresser également. A l'inverse, si personne n'en parle autour de moi, c'est sans doute que cela n'en vaut pas la peine.

On imagine aisément les effets de bord d'une telle dynamique : aussi puissante dans sa capacité de diffusion qu'étanche pour ignorer ce qui irait à son encontre.

Rebondissant sur la même citation de cet étudiant, Loïc Le Meur proposait cette semaine une visite guidée en vidéo, très pédagogique, de son propre réseau informationnel. Attention : non-geeks s'abstenir.

 

01 avril 2008

Engaged = Attaché

Noeud Voilà un sujet que nous n'avions pas abordé depuis quelque temps, celui de la mesure des médias sociaux. Dans l'univers des RP auprès des médias sociaux, la mode est indubitablement à l'engagement. Lisez bien le mot dans son acception anglaise et non dans le sens littéral que le français lui donne. Si la langue de Molière renvoie davantage à la promesse, la parole donnée, le contrat, il en va autrement pour l'anglais qui renvoie aux notions d'attachement, de participation, d'intérêt.

Pourquoi diable s'intéresser au mot qui siginifie également "fiançailles" ? Parcequ'il semble devoir être tout à la fois l'objectif, la modalité principale et le mètre étalon de la performance de toute action de communication ou marketing au sein des médias sociaux. L'heure n'est plus à la simple adhésion ou au modeste agrément, sans parler de la vétuste notoriété. Il faut que la marque ou l'entreprise, à travers sa communication, attire l'attention et l'intérêt de ses publics ; il faut qu'elle provoque la participation.

Tout en m'essayant à une définition critique de l'engagement - auquel nous préférerons la notion d'attachement en français - je vous propose un petit tour d'horizon des conceptions, doutes, réticences et envolées qui accompagnement cette notion dont on n'a pas fini de discuter.

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26 mars 2008

OpenSocial : le chaînon manquant entre le web corporate et le web coopératif ?

Door Le ralliement de Yahoo à l'alliance OpenSocial me donne l'occasion de revenir sur ce projet initié par Google qui porte en germe le web social interopérable de demain.

Alexis Mons consacre une longue note sur les implications d' OpenSocial, mais c'est l'analyse de Nick Carr qui avait retenu mon attention il y a quelques mois.

Beaucoup d'entreprises ou d'acteurs institutionnels souffrent du complexe de la tour d'ivoire, comme s'il existait des douves entre le site "officiel" et le reste du web. Dès que l'on aborde la question des médias sociaux et des nombreuses applications collaboratives du web 2.0 à portée de clic de leurs collaborateurs, les sourcils se froncent et les mains se tordent.

Qu'à cela ne tienne, les collaborateurs ne se privent pas d'utiliser ces outils publics web 2.0 en parallèle ou à la place des applications de l'intranet, ou des multiples systèmes internes, sédimentés au fil des ans.

Certaines entreprises s'interrogent désormais sur le fait de créer un réseau propre et privé sur Facebook, tandis que d'autres envisagent de dupliquer de telles fonctionnalités en interne. Selon Nick Carr, OpenSocial pourrait théoriquement servir de liant entre les réseaux corporate et les réseaux sociaux utilisés par leurs collaborateurs. Une sorte de conception de l'entreprise 2.0 hors les murs.

Plenty of people have commented on OpenSocial, but not many have focused on the possible implications for corporate computing. But given the fact that the OpenSocial consortium includes Oracle, Salesforce.com, LinkedIn, and Google itself, it's clear that businesses are an important target of the initiative. Indeed, it's not hard to imagine OpenSocial, or something like it, becoming the glue for "Enterprise 2.0," which has become (alas) the umbrella term for the use of web-based social software by companies.

En allant jusqu'au bout du raisonnement, en favorisant le développement d'un tel écosystème, le "marketing du lien" entre marques et les consommateurs pourrait également prendre une nouvelle dimension.

L'adoption de la norme OpenSocial pourrait ainsi faire voler en éclat l'illusoire distinction entre mon (nom de) domaine en deça, et le reste du web au-delà.

18 mars 2008

L'Elysée veille

Ecoutevoir A peine l'annonce faite par l'Elysée qu'un collaborateur du Président allait être spécifiquement chargé d'écouter avec attention les conversations sur Internet, qu'un certain nombre de blogueurs prirent la plume pour manier sarcasme et ironie à l'égard du nouveau monsieur veille de la rue du faubourg Saint-Honoré, Nicolas Princen.

Cette petite vague, qui tient plus du mouton de mer que de la lame de fond en comparaison d'autres conversations ayant trait au Président de la République, n'en est pas moins vigoureuse après quelques 24 heures d'existence. On notera qu'un groupe Facebook a été créé pour souhaiter la bienvenue à Nicolas Princen.

Sans vouloir participer à l'accueil mouvementé réservé à ce nouveau collaborateur - et à l'occasion qui lui est ainsi donnée d'effectuer un premier exercice de veille - il me paraît utile de compléter les premières observations formulées par Netpolitique et pdld à ce sujet (le dernier qualifiant l'exercice de "pathétique veille"). Ce qui est critiquable, de mon point de vue, n'est pas tant la veille en tant que telle que la manière dont celle-ci a été présentée par l'Elysée dans les colonnes du JDD (le premier a en avoir parlé, rapidement rejoint par quelques autres) :

"Outre François de La Brosse qui s'occupe du site Internet de la présidence, un jeune normalien-HEC de 24 ans, Nicolas Princen, viendra renforcer ce pôle avec la charge de surveiller tout ce qui se dit sur la Toile, de traquer les fausses rumeurs et de déjouer toute désinformation à l'encontre du Président. L'objectif: contre-attaquer aussitôt. En quelque sorte, un retour à la méthode qui a permis à Nicolas Sarkozy de gagner."

L'Elysée choisit d'emblée une posture de défiance vis-à-vis des citoyens qui débattent sur le web, ce qui n'est certainement pas l'entrée en matière la plus judicieuse. On comprend certes la nécessité de tordre le cou à des contre-vérités et de faire respecter certaines règles juridiques, il aurait néanmoins été préférable d'indiquer par exemple que le Président entendait écouter les réactions de ses concitoyens actifs sur Internet, de prendre part au débat et de réagir, positivement ou négativement, aux propos qui s'y tiennent. Si bien des propos sont excessifs, rendant toute volonté éventuelle de dialogue vouée à l'échec, d'autres avancent avec la prudence des arguments et n'attendent sans doute qu'une porte ouverte au dialogue pour débattre de sujets de fond.

Toute veille n'est pas mauvaise en soi, loin s'en faut, encore faut-il s'en servir pour de bonnes raisons, et le faire savoir...

17 mars 2008

Michel Edouard Leclerc : prise de bec sur les bonbecks

Candy_2 Michel Edouard Leclerc avait déjà démontré sa capacité à se servir efficacement de son blog pour gérer la communication de crise, lors de l'affaire dîte des steaks contaminés, voici qu'il en étrenne les possibilités en matière de lobbying.

Dans un long billet destiné à expliciter la décision des centres Leclerc de retirer les confiseries présentées en caisse, M.E.L. en profite pour répondre aux attaques des représentants de l'industrie dont il estime être la cible. L'affaire qui avait fait grand bruit dans la presse -beaucoup moins sur le web- aurait pu en rester là, mais, comme dit l'autre, les blogs démarrent des conversations : le Directeur général de Ferrero France a  saisi la perche qui lui était ainsi tendue, pour contre-attaquer. Réponse du berger à la bergère, ou plutôt du confiseur au distributeur :

Etonné et, plus encore, en colère, car vous êtes en train de jeter injustement le discrédit sur une catégorie de produits, de légitimer une façon nouvelle de les stigmatiser, sans même avoir pris le temps de considérer l’impact de la mesure sur l’obésité.

(lire le commentaire intégral de M. Capurso)

Dommage que Roselyne Bachelot, à l'origine des propositions sur la nutrition infantile ait fermé son blog, elle aurait pu pinger tout ce  beau monde pour prolonger la discussion.

07 mars 2008

Les médias les plus lus sur Internet ne sont pas toujours ceux qu'on croit

Medias_les_plus_cites Wikio vient de publier le top 20 des sites de médias les plus cités (et sans doute les plus lus) par les blogueurs francophones - ou plus précisément par les milliers de blogs indexés par Wikio.

Que ce classement nous apprend-il ? Tout d'abord, que nombre de sites de médias traditionnels ont réussi à s'imposer sur le web comme des carrefours d'opinion incontournables. On retrouve ainsi lefigaro.fr en tête de ce classement ; 20minutes.fr, lemonde.fr et marianne2.fr se hissant au sein du top 5. Côté RP, pas de panique à avoir donc, les médias traditionnels restent de véritables relais d'opinion.

Cependant, la moitié de ce classement est occupée par des pure players, des médias uniquement déclinés sur Internet. Contrairement aux médias traditionnels présents dans ce classement, pour la plupart généralistes, ce sont ici des médias spécialisés qui se taillent la part du lion : clubic, le jdn, internet actu, pc inpact, neteco, le monde informatique ou encore génération NT pour les nouvelles technologies, football 365 pour le sport, tandis que rue89 et mediapart sont les seuls médias web généralistes.

Les nouvelles technologies sont certes surreprésentées dans cet échantillon - car nous sommes bien sur un échantillon de 60.000 sites environ, et pas sur le web dans son ensemble, qui est de toute manière trop fuyant pour être appréhendé dans sa globalité. Mais on peut émettre l'hypothèse que les médias traditionnels qui auront bien négocié le virage du web occuperont une place de choix tandis que les internautes, regroupés en communautés affinitaires, se tourneront de plus en plus vers des médias spécialisés pour les sujets qui les intéressent plus spécifiquement : automobile, football, cuisine, etc.

Conclusion : les professionnels des RP devront maintenir dans leur champ de vision les médias d'opinion généralistes, ils devront également observer les médias affinitaires, et ce afin d'aller au plus près des intérêts des internautes.

02 mars 2008

Bientôt le Pulitzer pour un blogueur ?

Logo_tpm Le journalisme participatif a désormais son Bob Woodward : Joshua Micah Marshall, fondateur du blog politique TalkingPointsMemo, vient de recevoir le prestigieux Polk Award, pour récompenser le travail d'investigation qui conduisit l'an dernier le Ministre de la Justice de l'Administration Bush à la démission.

Alors que le travail de TalkingPointsMemo était raillé par quelques éditorialistes professionnels, un collectif s'était dévoué pour réaliser une vidéo opportunément intitulée "bloggers are journalists too", pour illustrer l'affaire devenue scandale politique.

Sans doute une date à marquer d'une pierre blanche dans l'histoire du journalisme participatif, et une nouvelle pierre dans le jardin de ceux qui prêchent encore une distinction désuète.